Golf Magazine
Golf au féminin

J'ai rencontré mon homme au golf

Le golf, trop chronophage, est souvent objet de tension dans les couples. Aux ÉtatsUnis, par exemple, c’est une des causes importantes de divorce ! Mais le golf peut aussi rapprocher. La preuve avec notre lectrice qui préfère garder l’anonymat sur la love story qu’elle vit aujourd’hui au grand jour au golf de La Boulie.

 

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Un soir d’été, en sortant de mon travail, je n’avais aucune envie de rentrer chez moi directement. Le ciel était pur, la chaleur agréable. Parfait pour aller jouer quelques trous dans mon club du RCF La Boulie. À cette époque de l’année, la plupart des membres sont en vacances et les parcours sont désertés. Après avoir joué 9 trous sur la Vallée, j’ai eu envie de prendre un verre avant de rentrer à la maison. J’aime ce club-house aux allures de grosse villa anglo-normande, ses salons aux murs couverts de boiseries et à ses profonds fauteuils clubs. Mais ce soir-là, été oblige, le club-house était désert ou presque. Sur la terrasse ombragée, un homme était assis, seul à une table. Je le connaissais de vue, je l’avais déjà croisé dans les allées, près du vaste putting-green entourant un cèdre majestueux. Comment ne pas le voir ? Un bel homme très grand, à la crinière blonde, la cinquantaine, chic, élégant, une classe naturelle folle. Cela faisait trois ans que j’étais divorcée mais je ne me sentais pas l’âme d’une chasseresse. Je m’étais posée, je vivais avec mes enfants et cela suffisait à mon bonheur. Du moins, je le croyais.

Sur la terrasse, la lumière était douce et les ombres s’étiraient sur le green du 9. Je saluais l’homme qui m’invita à m’asseoir. Il se présenta : « Je m’appelle Louis ». « Moi, c’est Léa ». Nous avons discuté autour d’un verre, tout naturellement. L’heure tournait, la lumière déclinait mais je me sentais bien et délicieusement troublée par son beau sourire éclatant et ses yeux bleus profonds pétillants d’intelligence. Au moment de nous quitter, nous avons échangé nos numéros de portables. Sans savoir que cela allait bouleverser ma vie, notre vie.

Au club, notre amour était un jardin secret

Quelques jours plus tard, il m’a appelée pour m’inviter à dîner. Quand son numéro s’est affiché sur mon portable, j’étais surprise et heureuse à la fois. J’avoue que j’avais souvent repensé au moment passé ensemble sur la terrasse du club-house, et c’est sans aucune hésitation que j’ai accepté son invitation. Ce soir-là, il s’est un peu plus livré. Il m’a parlé de sa vie, de son travail d’ingénieur, de ses passions pour la littérature, les voyages, le sport et la peinture. Je partage les mêmes passions, un bon point. Sauf qu’en peinture, il raffole de l’hyperréalisme et moi, de l’abstrait. Pas de quoi en venir aux mains…

Cette complicité intellectuelle, évidente, naturelle a agi comme un déclic. Ce n’était pas à proprement parler une coup de foudre, mais une « reconnaissance » réciproque. Mais comme nous étions tous les deux membres du même club, allions-nous nous entendre sur un parcours de golf ? Ce sport révèle tant de choses des uns et des autres. Impossible de se mentir ou de faire semblant sur un parcours car après cinq heures de jeu, la réalité vous rattrape toujours… Déjà, nous n’avions pas vraiment le même niveau, même si la différence était minime. Lui est proche de 4 de handicap et moi, je tourne autour de 12. Mais notre première partie fut pleine d’amusement et de fous rires. C’est ce qu’on appelle tomber amoureux, non ?

Son swing est magnifique, fluide et puissant à la fois. Sur le parcours, il est toujours galant mais avec lui, une victoire se mérite. J’aime aussi sa sérénité, sa douceur, son humour, sa pudeur aussi, il donne à chaque chose sa place juste. D’un commun accord, nous avons décidé de garder notre relation secrète. Pendant plus de dix mois, nos amis ont tout ignoré. Jamais même, nous ne nous sommes permis un baiser dans l’enceinte du club. Notre amour était notre jardin secret. Bien sûr, on sentait des soupçons autour de nous, surtout quand il nous arrivait de nous éclipser pour un golf à deux ! Mais nous voulions garder ça pour nous, cela nous appartenait, et c’était un petit jeu dont nous nous régalions. Même mes enfants n’étaient pas au courant. J’ai mis du temps à leur présenter mon nouvel amoureux car je voulais être sûre de mes sentiments. Mais dès qu’ils l’ont connu, ils l’ont tout de suite adopté. Un point essentiel pour moi.

Depuis près de deux ans maintenant, nous vivons ensemble, et au club, nous ne nous cachons plus. Nos amis à La Boulie nous entourent de beaucoup de tendresse et de gentillesse, ils nous appellent « les amoureux ». Le temps file et notre amour se renforce toujours et encore, la force de nos sentiments ne cesse de m’émerveiller et de m’émouvoir. Peut-être faut-il être, comme nous, à l’aube de la cinquantaine pour vivre un tel bonheur, à un moment de la vie où l’on pense généralement que la passion amoureuse et le dérèglement des sens sont de l’histoire ancienne…