Les enfants de l'école de golf de Jiva Hill à l'entrâinement.
Les enfants de l'école de golf de Jiva Hill à l'entrâinement. © DR
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Écoles de golf, au bonheur des enfants

Les golfs se sont mis à l’heure des enfants. Tout au long de l’année, les nombreuses écoles de golf permettent à ceux-ci de s’initier à ce sport complexe et complet, ou de se perfectionner, grâce à un enseignement adapté et ludique, tourné vers le plaisir de jouer sur des parcours adaptés à leur âge et à leur taille.

 

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La grenouille de couleur, le petit dragon en colère ou encore Paf, le pétard… sont autant d’exercices ludiques et amusants proposés aux apprentis ­golfeurs dans le cadre du baby-golf. En effet, dès 4 ans, et parfois un peu moins, de nombreux clubs proposent des cours de golf pour les tout petits. « Un enseignement bien spécifique leur est distillé à base de jeux, mais toujours avec une vraie fonction pédagogique. On n’apprend pas aux enfants comme on apprend aux adultes », explique ­Philippe Uranga, conseiller technique régional de la Ligue Nouvelle-Aquitaine et auteur de nombreux guides sur l’apprentissage du golf aux plus jeunes. Un socle pédagogique précieux pour les 611 écoles de golf que compte notre pays (sur 733 structures recensées). Et parmi celles-ci, certaines sont de vraies fabriques de futurs golfeurs. Le champion se nomme ainsi golf du Bois de Boulogne avec 392 enfants, suivi par le Paris Country Club, toujours dans l’Ouest parisien, avec 353 élèves, tandis qu’en province les golfs de Bondues, de Marseille-La Salette ou de Bordeaux-Lac flirtent avec les 200 gamins ! On peut en fait parler de grosse école de golf à partir de 100 inscrits, la moyenne nationale se situant autour de 60.

 

L'enseignement du golf aux enfants passe aussi par des jeux et des exercices ludiques.
L'enseignement du golf aux enfants passe aussi par des jeux et des exercices ludiques. © DR

 

Dès l’âge de 4 ans

Pendant longtemps, on a considéré qu’il ne servait à rien de débuter le golf avant l’âge de 10 ans, au prétexte que les enfants n’avaient pas la concentration nécessaire pour cela. Aujourd’hui, on se rend compte que le golf est excellent pour les jeunes, puisqu’il permet de développer des aptitudes motrices fines. Il apprend également à se concentrer, à persévérer, à gérer sa frustration face à des situations souvent difficiles et ingrates… Quant au matériel, il a, lui aussi, beaucoup progresser. Il est loin le temps où les enfants débutaient avec de vieux clubs, coupés, lourds et mal équilibrés. Désormais, les futurs champions jouent avec des fers et des bois légers et adaptés à leur taille, ce qui permet une pratique plus intensive. Si le baby-golf, destiné aux 4 à 6 ans, peut se limiter à un temps restreint de 30 minutes à 1 heure par semaine, dès 7 ans et le véritable début de l’école, la durée de pratique doit augmenter. « On recommande deux heures hebdomadaires pour les groupes loisir et trois heures pour les groupes compétition. On peut éventuellement se limiter à une heure pour un groupe découverte, la première année… », explique Maïtena Alsuguren, directrice technique nationale adjointe à la FFGolf. Il est aussi fortement recommandé de mettre les enfants dans des groupes homogènes du point de vue de l’âge et du niveau de jeu. Ce qui est plus facile dans les grosses structures. En effet, plus il y a d’enfants et plus les groupes pourront être cohérents. Les plus importantes autorisent même les parents à choisir le moment du cours ! « C’est sûrement l’une des clés de notre succès. Avec presque cinquante groupes différents et neuf pros dédiés, nous permettons aux gens de choisir le jour du cours, mais aussi l’heure et même la langue d’enseignement, français ou anglais… », explique Anthony Amat, le directeur du golf du Bois de Boulogne, la première école de golf française en termes de nombre d’enfants. Plus besoin de choisir entre le golf ou l’équitation le samedi après-midi… Un luxe que n’offrent pas les écoles plus modestes avec une trentaine d’élèves. « Au sein des groupes, il faudrait idéalement ne pas dépasser huit jeunes pour les filières un peu sportives et dix à douze pour celles à vocation plus loisir », reprend Philippe Uranga.

Les critères à prendre en compte

À moins de résider dans une petite ville avec un seul golf aux alentours, le choix d’une école de golf répond à un certain nombre de critères. L’implication du pro est souvent primordiale, mais aussi les animations proposées, le nombre et le suivi des compétitions, le passage des drapeaux (voir encadré ci-dessous)... Sans oublier l’accessibilité à un parcours compact ou pitch and putt. « Il est très important que les enfants aillent quasiment à chaque fois sur le parcours. Mais il faut aussi qu’ils jouent un parcours adapté à leur âge et à leur longueur. Ils doivent, très jeunes, apprendre à scorer sur un parcours à leur mesure », insiste Maïtena Alsuguren, elle-même ancienne joueuse de haut niveau. Pour cela, de nombreux golfs ont adopté les marques de départ avancées orange et violettes. Un repère qui rend le parcours plus ludique. Car le golf doit avant tout rimer avec plaisir. Voilà peut-être pourquoi le golf recrute aujourd’hui par des voies plus variées. « À Bordeaux-Lac, seul un tiers des élèves sont des enfants de membres et 50 % viennent de familles qui ne jouent pas du tout au golf », se félicite Laurent Elduayen, le pro responsable de l’enseignement dans ce grand golf bordelais. Ce qui permet de créer véritablement de nouveaux golfeurs, mais d’attirer également leurs parents.

255 écoles labellisées

Depuis peu, la FFGolf a mis en place deux labels : Développement et Sportif. Le premier regroupe 119 écoles et le second 136, soit, au total, plus de 40% des structures. « L’objectif de ces labels est d’avoir une vision commune de ce que doit être une bonne école de golf structurée et organisée. Le deuxième rajoute, logiquement, une dimension plus sportive », commente Muriel Foulquié, présidente de la commission jeunes à la FFGolf. Mais ces labels de qualité doivent s’affirmer, car certaines des plus grosses écoles ne les ont pas encore. Dans le même esprit, la FFGolf a aussi créé les mérites, espoir et performance. Tous deux récompensent la capacité des écoles à recruter des enfants, mais aussi, pour le premier, à les emmener vers un premier index et, pour le deuxième, à bien s’illustrer dans les compétitions fédérales. Reste l’aspect financier. Le tarif dépend avant tout du contenu de l’offre (nombre d’heures, accès au parcours, compétitions…). Il faut compter en moyenne entre 200 € et 400 € par an, et autour de 500 € en région parisienne. À cela s’ajoute l’achat de la demi-série, soit entre 100 € et 200 € environ si neuve, un peu moins si d’occasion, et le prix de la licence :15 € pour les moins de 13 ans et 18 € jusqu’à 18 ans.

 

Passe ton drapeau d’abord…

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Comme pour tous les apprentissages, celui du golf passe par différents stades et étapes, matérialisés par les drapeaux. Des examens qui viennent tout juste d’être modifiés.

 

À l’image des étoiles en ski ou des dauphins en natation, les drapeaux sont en quelque sorte les premiers examens des jeunes golfeurs. Au nombre de huit, ils doivent permettre de valider les acquis des enfants et matérialiser (par un pin’s) leur progression. Qu’ils soient verts, rouges, bleus, jaunes ou blancs, ou encore bronze, argent ou or (pour les drapeaux de métal), tous se déroulent sur le terrain en situation de jeu. Car les drapeaux jugent avant tout de la capacité des enfants à évoluer et à se déplacer sur le parcours. Ainsi, ils sont d’abord évalués sur un tracé pitch and putt, autour de situations de jeu, sur 3 trous pour le drapeau vert, puis sur 6 trous pour le rouge. Les élèves passent ensuite sur le parcours dit « drapeau », dont la longueur est d’environ 2 700 mètres, sur 6 trous pour le bleu, puis sur 9 trous pour le jaune, le blanc et le bronze. Enfin, les tests ont lieu sur le parcours dit « jeunes », d’environ 4 200 mètres, sur 9 trous pour l’argent et sur 18 trous pour l’or.

La notion de score arrive assez tard dans l’évaluation des drapeaux, puisque les premiers enseignements sont axés sur la sécurité et le respect du temps de jeu. Ces deux aspects sont éliminatoires pour tous les niveaux de drapeaux ! Quant aux premiers questionnaires sur les règles et l’étiquette, ils sont d’abord collectifs, avant de devenir individuels. En effet, les notions d’étiquette arrivent réellement au niveau jaune. Tout comme le comptage du score. Au niveau blanc, il est demandé un score maximum de 60 coups sur 9 trous. Pour le bronze, plus aucune erreur de score n’est tolérée avec l’obtention d’un premier classement sur le parcours « drapeau ». Enfin, la formule de jeu des drapeaux est le strokeford, qui consiste à relever sa balle dès que l’on a atteint un certain score sur un trou…

APRES LES DRAPEAUX, LES OPENS

2017 marque un changement important dans le passage des drapeaux, car leur contenu a été sensiblement modifié. « On a cherché à les rendre plus progressifs et à les orienter plus vers les notions de plaisir, de rythme de jeu, de comptage des points… et un peu moins sur la performance elle-même », explique Muriel Foulquié, présidente de la commission jeunes à la FFGolf. Ainsi, le cycle des drapeaux doit s’étaler, en théorie, sur trois ans. Ils sont destinés aux enfants de moins de 13 ans avec un cœur de cible entre 7 et 10 ans. Ensuite, place aux opens. Ceux-ci sont répartis en cinq niveaux (rouge, bleu, jaune, blanc et noir), accessibles à partir du drapeau d’argent et sont, eux, véritablement tournés vers la réalisation d’objectifs et vers la performance.