Alors qu’il y a deux ans, Tiger Woods marchait à peine, le champion américain vient de remporter à 43 ans son 15e titre majeur et son 5e Masters à Augusta. L’exploit semblait quasiment impossible, après presque 10 ans de doutes entre scandales et blessures. Mais en fin d’année dernière, le Tigre remportait le Tour Championship, son 80e succès sur le PGA Tour et en ouverture du tournoi des maîtres il déclarait : « Je sais que si je réalise un bon début de tournoi, j’aurai une sacrée dose de confiance pour la semaine. Je n’ai pas vraiment besoin de gagner ici, mais j’ai en ai terriblement envie… », affirmait l’ex numéro 1 mondial redescendu un temps au-delà de la 1000e place.

Et comme souvent au Masters, le tournoi s’est joué sur les 9 derniers trous du dimanche… Alors en tête avec deux coups d’avance, l’imperturbable Francesco Molinari aborde le « petit » par 3 du 12, 155 yards, à peine 142 mètres mais bordé par le Raes Creek, cette jolie rivière qui a vu sombrer les espoirs des plus grands champions. Le coup de fer de l’Italien termine dans l’obstacle d’eau… Et à la sortie du 12, Tiger, qui réalise un par prudent, est co-leader. Après le 15 et un nouveau double bogey sur le compte de Molinari, dont la balle heurte une branche et tombe dans l’eau, le tigre passe en tête. Une avance qu’il accroitra à deux coups après son birdie au 16, flirtant avec le trou-en-un… L’ultime bogey de Woods au 18 est anecdotique et il remporte, extatique, ce nouveau titre majeur, en -13, un coup devant ses compatriotes Dustin Johnson, Xander Schauffele et Brooks Koepka.

Le champion américain, toujours vêtu de son traditionnel polo rouge dominical, tombe dans les bras de sa mère et de son fils, qui ne l’avait jamais vu gagner un tournoi majeur. Onze ans après l’US Open, le Tigre regagne en Grand Chelem avec cette 5e veste verte, un exploit, une résurrection dont même lui pouvait douter : « L’an dernier je m’estimais juste heureux d’être capable de jouer, alors être à nouveau sacré ici, vingt-deux ans après la première fois, c’est une expérience irréelle. Je ne pourrais pas être plus heureux ni plus excité. Je n’ai pas de mots ! », confiait le champion dont la course après le record de Jack Nicklaus est plus que jamais relancée. Désormais à la 6e place mondiale, le Tigre est à 3 longueurs des 18 titres de l’Ours Blond et à une longueur du record du plus grand nombre de victoire sur le PGA Tour, toujours détenu par Sam Snead et ses 82 titres. Avec un physique à nouveau vaillant, un jeu plus affûté que jamais et un mental et une aura retrouvés, les prochaines années s’annoncent palpitantes. La marche de l’histoire a enfin repris son cours…