Avec Olivier Rouillon, médecin fédéral national de la FFGolf et des équipes de France de golf. Service de médecine du sport, hôpital de l’Hôtel-Dieu AP-HP.

Comment peut-on définir les lombalgies ?

On peut définir les lombalgies, et notamment celles du golfeur, comme des douleurs liées au rachis lombaire, c’est-à-dire la partie basse de la colonne vertébrale. Cette partie englobe les cinq dernières vertèbres, de L1 à L5, et le sacrum. La zone qui souffre le plus souvent est le dernier étage lombaire, c’est-à-dire les articulations entre la 4e et la 5e lombaire, et celles entre la 5e et le sacrum. Si on commence à souffrir pendant deux ou trois jours après une partie de golf, avec des difficultés pour se lever le matin, se pencher ou s’asseoir, on peut parler de lombalgie du golfeur. En revanche, si on souffre de lombalgies aiguës, avec blocage de type lumbago, ou de lombalgies avec des douleurs nocturnes, on n’est à priori pas dans la lombalgie du golfeur et cela demande d’autres explorations.

Quelles sont les principales causes de telles douleurs ?

Il s’agit tout simplement du vieillissement physiologique de la colonne vertébrale au niveau lombaire. Ce vieillissement peut être aggravé par votre activité professionnelle ou les sports que vous avez pratiqués plus jeune. Par exemple, un ouvrier du bâtiment qui a levé de nombreuses charges durant sa vie aura plus de risques de développer une lombalgie qu’un employé de bureau. De la même façon, une personne qui a fait du rugby, de la lutte ou de l’haltérophilie aura plus de chances de souffrir de lombalgie que quelqu’un qui a pratiqué la natation ou le tennis de table.

Est-ce que les lombalgies touchent beaucoup de golfeurs ?

Les lombalgies ne sont pas plus fréquentes chez les golfeurs que chez Monsieur Tout-le-monde, bien au contraire. Dans une étude publiée en 2018 dans la revue scientifique britannique The Lancet, on apprend que 11 % des individus interrogés dans la population générale avouent avoir souffert d’une lombalgie en douze mois. Pour les golfeurs, on tombe à moins de 10 % sur deux ans ! Il faut d’ailleurs bien comprendre que le golf n’est pas la cause du vieillissement de la colonne lombaire. Le golf, dans certaines conditions, peut agir comme un révélateur d’une pathologie existante mais il ne représente en aucun cas un sur-risque.

Quels sont les facteurs qui favorisent l’apparition de lombalgies ?

Parmi les facteurs généraux communs à tous, il y a l’âge et le surpoids mais aussi les antécédents (par exemple si on a déjà eu une hernie discale) et certains déficits musculaires et de contrôle. Il y a aussi des facteurs spécifiques liés au golf. Par exemple, le manque d’échauffement, une répétition importante du geste, des défauts techniques de posture ou encore des déficits de mobilité des hanches.    

Quelles sont les solutions pour se soigner ?

La première solution, c’est la prévention, grâce à un échauffement systématique, un swing et des clubs adaptés à son physique. Pour le reste, à l’exception d’épisodes très aigus où le repos est recommandé, il faut absolument rester actif. Quand on a mal, la prise de médicaments antalgiques du type paracétamol peut suffire sur le moment. Si les douleurs durent plus de deux ou trois jours, il faut consulter pour avoir un diagnostic précis. En cas de récidive, une imagerie médicale adaptée (radio, IRM,…) est recommandée. Enfin, pour certaines personnes pas trop sportives, une rééducation avec un kinésithérapeute peut être très utile. Au terme de quelques séances, ce dernier pourra donner un programme d’auto-rééducation, à raison de trois séances de 15 minutes par semaine. Ce programme évitera les récidives et permettra, dans la plupart des cas, de mieux jouer au golf ! 

Symptômes

  • Douleurs de la région lombaire basse qui ne provoquent pas de réveil la nuit mais se manifestent aux changements de positions (coucher-assis ou assis-debout) ou en position debout immobile.
  • Douleurs qui sont plutôt soulagées par le repos, notamment en position allongée.
  • Douleurs qui n’augmentent pas brutalement à la toux ou à l’éternuement.

Traitements

  • En cas de douleur, vous pouvez prendre un médicament antalgique simple du type paracétamol.
  • Si la douleur persiste pendant deux ou trois jours, consultez un médecin généraliste pour avoir un diagnostic précis.
  • En cas de récidive, une imagerie médicale adaptée est recommandée.
  • Une rééducation effectuée par un kinésithérapeute peut être prescrite. Ce dernier peut ensuite donner un programme d’auto-rééducation (étirements, renforcement musculaire, exercices d’équilibre) de 15 minutes à faire trois fois par semaine.
  • Les recours à la chirurgie sont extrêmement rares.

Prévention

  • Avant de jouer un parcours ou de taper des balles au practice, échauffez-vous 10 minutes en faisant des mouvements simples. Faites monter un peu le rythme cardiaque et échauffez les muscles des jambes, des bras, des poignets et du dos.
  • Utilisez du matériel adapté à votre âge et à votre swing. N’hésitez pas à faire un fitting pour choisir le matériau et la flexibilité des manches de vos clubs.
  • Adaptez votre swing à vos capacités physiques même si cela implique de réduire un peu les amplitudes de votre mouvement, à la montée et au finish.